Jérôme K. Jérôme Bloche

Publié le 22 Janvier 2013

 

 

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Chapeau mou, imper mastic, solex et lunettes rondes sont les accessoires fétiches du très parisien Jérôme K. Jérôme Bloche qui, sous ses airs potaches, dissimule un redoutable esprit de déduction.

 


Une silhouette. Chapeau informe, imper mastic qui brasse l’air comme les ailes d’un pélican, le tout propulsé par un Solex poitrinaire : 

 

Jérôme K. Jérôme Bloche est un héros de bande dessinée unique en son genre.

Il ne répond pas à la définition traditionnelle du "héros", solide et sûr de lui.

C'est un maladroit. Descendre un escalier se transforme en cascade cinématographique ; une enquête dans le brumes du Nord en symphonie d'éternuements...

 

      J.K.J. Bloche vit ! Ici et maintenant. On ne voit que lui et sa démarche houleuse et élastique, tellement semblable à celle de Monsieur Hulot, le héros de Jacques Tati.

Si J.K.J. et Hulot partagent quelques traits de famille, les références de notre détective sont d'un autre ordre : les privés dans les films noirs américains, les héros de Raymond Chandler, Humphrey Bogart et Robert Mitchum, voilà son panthéon bien à lui !

 


Jérôme K. Jérôme Bloche, détective du quotidien

 

Arrêtons-nous un instant sur une série discrète, au trait réaliste bien vivant, qui prend nos villes et villages comme cadre contemporain : Jérôme K. Jérôme Bloche.

        Ce détective binoclard, créé par Alain Dodier, Makyo et Serge Le Tendre dans leJournal de Spirou au début des années 80, parcourt son petit quartier sur son petit solex (et non son vélo) et résout les petits mystères des petites gens avec tendresse, en s'exposant parfois plus que de raison, entraînant même sa compagneBabeth dans des aventures colorées.

Le regard de Dodier (le plus souvent en solo désormais), qui compose toujours des intrigues crédibles mettant en présence des personnages réalistes de tous les âges et de toutes les conditions physiques, se place systématiquement à hauteur d'homme - il ne faut pas s'attendre à des effets de style qui pollueraient le déroulé des récits, ni à des raisonnements ou à des exploits surhumains.

Le détective Bloche n'est pas un foudre de guerre et il donne souvent l'impression de jouer au détective davantage que d'en être un, dans une veine classique s'entend.

Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de suspens ou de tension, bien au contraire. Dodier inscrit son détective dans une veine réaliste du polar contemporain, ce qui n'exclut pas l'humour ou un certain décalage, comme dans les romans à succès de Fred Vargas par exemple. 

Engoncé dans un vieil imperméable, coiffé de l’indispensable feutre, il tente, tant que faire se peut, de résoudre des énigmes toujours passablement embrouillées. Circulant sur un solex, cet amateur de café au lait et de tartines beurrées souffre d’une distraction rare et n’offre que de lointains rapports avec ses illustres prédécesseurs. 

Heureusement, Babette, sa fiancée, veille. Cette énergique jeune fille joue les anges gardiens auprès du lunaire Jérôme. À l’opposé des “Supermen” de l’investigation, Jérôme K. Jérôme Bloche pratique un humour tendre et n’aspire qu’à la tranquillité : le comble pour un privé.

 

Les albums dans votre médiathèque :

 

1. L’Ombre qui tue

425x584 - Jérôme K. Jérôme Bloche L'ombre qui tue

Paris tremble. Une inflation de fléchettes empoisonnées fait monter le cours de la mort. Le tueur ne manque pas de panache : des témoins ont aperçu une ombre emplumée, sarbacane en bataille. Avec ça, doté d’une stupéfiante agilité.

Démasquer ce flamboyant assassin, tel est le devoir de vacances confié à Jérôme K. Jérôme Bloche par le professeur Maison, fondateur d’un cours de détective par correspondance.  Les travaux pratiques commencent mal : Maison meurt, victime de la pluie de fléchettes qui empoisonnent l’atmosphère de la capitale française. Au seuil de la mort, le professeur fait part de ses soupçons à Jérôme, arrivé trop tard pour empêcher le coup fatal : le coupable est un des élèves du cours par correspondance !

L’ombre qui tue prend corps ; Jérôme se jure de lui donner un visage. À condition de ne pas oublier une règle fondamentale : c’est méchant, une ombre aux abois.

 


3. À la vie, à la mort

400x548 - Jérôme K. Jérôme Bloche A la vie, à la mortUn coin de voile levé sur les origines de Jérôme.

C’est un homme du Nord. De Bergues, une bourgade dont les visiteurs citadins évoquent les pavés glissants même par grand beau temps, les lanternes muettes, le beffroi, les rues ankylosées. L’ennui. Une petite ville  dont les habitants se connaissent tellement bien qu’ils peuvent se permettre de ne plus s’adresser la parole pendant des générations. Pourtant, il s’en passe des choses, à Bergues. À peine débarqué chez son oncle Sébastien Bloche, Jérôme découvre qu’un maître-chanteur fait passer à la caisse les notables du lieu. Faut-il préciser que le corbeau n’est pas comme les autres ? Il y a du Robin des Bois en lui, puisqu’il distribue aux laissés-pour-compte l’argent extorqué aux nantis. Conseiller municipal de Bergues, Tonton Sébastien n’ignore rien de ce petit jeu. Et quand une lettre concernant son propre passé lui tombe entre les mains, il doit reconnaître que le maître-chanteur est fichtrement bien renseigné. Trop bien. La grisaille du Nord vire parfois au rouge sang...

 

11. Le Coeur à droite

508x700 - Jérôme K. Jérôme Bloche Le cœur à droiteJérôme K. Jérôme Bloche nourrit un rêve secret : écrire ce roman policier qui encombre son disque dur mental depuis des temps immémoriaux. Sa plus grande angoisse, ce n’est pas la page blanche : c’est relire la page noircie.

À part cela, on le sait un privé pas comme les autres. Par exemple, croise-t-il le chemin d’un S. D. F. qu’il lui offre le gîte dans son douillet petit appartement, au sixième du 39 de la rue Francœur.  Le bonhomme s’appelle Charlemagne, ce qui lui va bien, rapport à la barbe fleurie. Dans son sac, un manuscrit. Jérôme le dévore en une nuit — le thriller de l’année ! Une gifle pour un auteur en panne d’écriture ! Pas rancunier devant le talent des autres, il envoie le chef- d’œuvre à un éditeur qui le transforme en best-seller. Le bonheur, quoi.  

Sauf pour Charlemagne, qui n’apprécie pas du tout. En un mot comme en cent, Jérôme a encore gaffé. Et les ennuis peuvent commencer.

345x500 - Jérôme K. Jérôme Bloche Un fauve en cage

 

14. Un fauve en cage

L'épicerie de Burhan Seif el Din est une véritable caverne d'Ali Baba. On y trouve tout et n'importe quoi. Et même n'importe qui. Des voleurs, en l'occurrence. Casqués, tout de cuir vêtus, les voyous menacent l'épicier et frappent une jeune cliente. Choquée, celle-ci ne se rappelle ni son nom ni son adresse. Mémoire brisée. Dès lors, Jérôme K. Jérôme Bloche, déctective au grand cœur, s'évertue à renouer le fil interrompu des souvenirs de la jeune femme. Il n'aurait pas dû.

 

 

 

L'auteur  ALAIN DODIER

 

Né à Dunkerque le 2 mai 1955, Alain Dodier ne garde aucun souvenir d’une époque où la bande dessinée n’aurait rien représenté pour lui. Tout petit déjà, il s’entraîne à reproduire les personnages du JOURNAL DE MICKEY, avant d’avoir accès à une bibliothèque bourrée de bandes dessinées où il passe des journées à tout dévorer. Ses meilleurs copains s’appellent alors Gaston ou Lucky Luke. 

Très vite, il soumet tout à sa passion. À six mois du bac, il abandonne le lycée et profite des quelques semaines qui le séparent de l’examen pour dessiner intensivement ! Il ne sera pas bachelier, mais auteur de bande dessinée. 

Ses premières planches paraissent dans le fanzine FALATOFF en 1973, puis dans la “Carte Blanche” de SPIROU. Pour vivre, il devient facteur auxiliaire : il faut se lever tôt, mais ça laisse du temps pour dessiner.  

C’est dans PISTIL, magazine écologiste, qu’il débute comme professionnel avec des gags animaliers (“Marty et Titine”) et une série policière (“Janotus, agent spécial”). 

Son association avec Makyo — un presque voisin — donne naissance à deux séries : le fantaisiste “Gully” et, dans un registre plus réaliste, “Jérôme K. Jérôme Bloche” en 1982. Serge Le Tendre se joint à eux pour conter les premières aventures de ce dernier. 

Une fois l’univers de Jérôme bien en main, Dodier devient auteur complet d’une série dont le personnage ressemble de plus en plus à son père spirituel. Ils font chaque jour leur footing sur la même plage de Malo-les-Bains ! Dodier est un admirateur d’Humphrey Bogart et de Robert Mitchum, Jérôme exerce donc la profession de détective privé. 


 

Rédigé par mediathequedenoyelles

Publié dans #BD

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