L'amour dure trois ans, de Beigbeder

Publié le 14 Janvier 2012

 

 

L'amour dure trois ans, de Frédéric Beigbeder


 

L'Amour dure trois ansPour savoir si Beigbeder est dans la ligne de ses maîtres à filmer -Jean Eustache, Louis Malle- il faudra attendre le 18 janvier prochain, date de la sortie en salles de L'Amour dure trois ans.

"Le meilleur film de Frédéric Beigbeder", promet la bande-annonce.

Pas difficile : l'écrivain réalise ici son premier long-métrage, et comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même, Beigbeder adapte son roman éponyme, le troisième, paru en 1997 (avant le fameux  99 Francs).


 

 

 

 

Marc (l'humoriste Gaspard Proust, qui joue ici son premier rôle), écrivain mondain (toute ressemblance...), rencontre à un anniversaire de mariage Alice (Louise Bourgoin), la femme délurée de son cousin (Nicolas Bedos). Alice va le convertir à l'idée qu'un couple ne peux rester amoureux que trois ans, durée au-delà de laquelle Cupidon fait ses valises. Elle et Marc vont alors devenir amants, et Marc va écrire un livre inspiré de leur relation tumultueuse. 

JoeystarrValérie Lemercier ou bien Jonathan Lambert entourent le couple de vrais-faux amoureux. Le trailer aligne les vignettes et anecdotes, et joue à fond sur les bons mots ("J'ai lu votre manuscrit, L'Amour dure trois ans, j'adore le titre, il est bien con").

A première vue, une comédie romantique classique.

 


L’amour dure trois ans En attendant la sortie du film, votre médiathèque vous propose de découvrir le livre, dans ses rayons. 

 

 Résumé : 

"La troisième année, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle : dégoûtée, votre femme vous quitte. La mauvaise nouvelle : vous commencez un nouveau livre." Marc Marronnier vit un tournant dans son couple et sa vie sentimentale : il divorce. Entre raison et sentiment, le personnage nous fait entrevoir d'un point de vue purement personnel son évolution de nouveau divorcé et sa vision de l'amour...

 


Critique : 
Le titre est très explicite, pour le personnage de Frédéric Beigbeder, c'est un fait, il n'en démord pas, l'amour ne peux durer plus de trois ans, et il le démontre à l'appui de citations avec fatalité et amertume. 
Tout ces rêves de jeunesse, cet amour qui pour lui n'est devenu qu'un rêve utopique au fil du temps ne peut donc se réaliser sans souffrances : "l'amour est un combat perdu d'avance", "il n'y a pas d'amour heureux". Nous assistons a un désenchantement de l'engagement, l'infidélité de Marc Marronnier, la lassitude du couple, les regrets, l'amour perdu. 
Il est divorcé, seul, il aime sa maitresse qui est marié, il enchaine les soirées, bois et couche, il est perdu, désespérer, cela est encré en lui et semble inévitable tirant même vers un coté autodestructeur. Frédéric Beigbeder avec ce roman d'une authenticité auto-biographique rare nous livre les aléas amoureux d'un homme qui se dit narcissique à toujours parler de sa petite personne, qui sont plutôt transcrit comme une confidence libératoire envers lecteur, une forme de quête de rédemption. Son style énergique, ces phrases et citations finement combinées donnent un mouvement certain à l'histoire, pour un style parfois brut mais efficace, une névrose constante plane au dessus du personnage rendant le lecteur concerné.

Après une négativité totale la maitresse deviendra sa nouvelle compagne, les peurs du formatage ressurgissent, le fait est que rien est écrit et toute analyse sur l'amour est impossible. Ce Marc Marronnier, infidèle, résinier, névrosé est tout simplement humain.
Les réflexions du personnage nous immergent totalement dans l'univers de ce roman à inspiration auto-biographique nous permettant de comprendre les tournures parfois décriées de l'auteur et de nous faire notre opinion personnelle à une question devenu au fil des lignes primordiale : "L'amour dure-t-il trois ans?"
Frédéric Beigbeder se découvre en écrivant ici son roman le plus personnel et ce n'est pas pour nous déplaire...

 

 


 

 

Rédigé par mediathequedenoyelles

Publié dans #Actualité

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