Les nouveautés de janvier 2012

Publié le 29 Janvier 2012

 

a_banniere-janvier.png

 

 

 

"L'hermine était pourpre" de Pierre Borromée,

prix du Quai des Orfèvres 2012

 

 

Choisi sur manuscrit, ce premier roman a reçu le 65e Prix du Quai des Orfèvres, dont le jury est composé d’une vingtaine de policiers, magistrats et journalistes, et présidé par le directeur de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris. Sont pris en compte la qualité littéraire de l’œuvre, mais aussi l’exactitude des détails matériels et le degré de réalisme avec lequel est décrit le fonctionnement de la police et de la justice. 


"L'hermine était pourpre" se déroule dans un coin retiré d'une province française où notables, avocats, magistrats et policiers vivent un peu dans un monde clos et feutré avec des habitudes tenaces.

 Dans le village de Villecomte, Juliette Robin, une jeune femme mariée depuis cinq ans à un célèbre avocat, est assassinée dans des circonstances épouvantables. On découvre que la malheureuse victime est toujours vierge. Très vite l'époux est soupçonné d'être l'auteur du crime. Le procureur confie l'enquête au commissaire Baudry,  un flic à l'ancienne subtil, coléreux et opiniâtre, qui apprend qu’un crime analogue a été commis sept ans plus tôt jour pour jour... 

Sous le pseudonyme de Pierre Borromée, l'auteur, un avocat quadragénaire, met en lumière dans un suspense tendu les antagonismes entre police, magistrature et barreau.

 

 

038

 

La Dernière Bagnarde de Bernadette Pécassou-Camebrac

 

Couverture livre

 

   Marie Bartête est la dernière femme morte au bagne de Guyane, dans les années 1930, après y avoir passé un demi-siècle. C’est la figure de cette "reléguée" au bagne de Saint-Laurent du Maroni que fait revivre Bernadette Pécassou-Camebrac dans son nouveau roman.

 

   Marie Bartête serait sans doute restée à jamais une inconnue si elle n’avait reçu la visite d’Albert Londres en 1923 qui relata cet entretien dans son livre intitulé Au Bagne. Elle est pourtant la dernière femme morte au bagne de Guyane, dans les années 1930, après y avoir passé un demi-siècle. Née en 1863 dans les Pyrénées atlantiques, abandonnée par sa mère, orpheline à 9 ans, mariée à 15, elle est veuve à l’âge de 20 ans. Voilà tout pour sa vie de femme libre. Marie n’est pas une criminelle : condamnée à plusieurs reprises à quelques mois de prison pour vol, elle est envoyée au bagne après qu’on l’eut accusée de « conduite et moralité détestables ». En fait, tout à son projet de purger la société des honnêtes gens, l’administration pénitentiaire a besoin de forces vives pour repeupler les colonies. C’est la figure de cette « reléguée » au bagne de Saint-Laurent du Maroni que fait revivre Bernadette Pécassou-Camebrac dans son nouveau roman. Elle nous fait découvrir le destin tragique d’une jeune femme abandonnée de tous et la terrible condition des « femmes forçats », encadrées par les bonnes soeurs du Couvent de Saint-Laurent du Maroni. En 1923, lorsque Albert Londres la rencontre, Marie Bartête, pourtant relevée de relégation, vivait toujours en Guyane, faute d’argent pour payer le voyage du retour.

 

L’auteure : Bernadette Pécassou-Camebrac

Bernadette Pécassou-Camebrac est journaliste, et réalisatrice pour la télévision. Elle a publié cinq romans chez Flammarion : La Belle Chocolatière (2001), Le Bel Italien (2003), L’Impératrice des roses (2005), La Villa Belza (2007) et La Passagère du France (2009).

 

   L’histoire des bagnes commence avec la loi du 30 mai 1854, qui décrète que toute personne condamnée aux travaux forcés sera envoyée en Guyane, y compris les femmes. Le but est d’écarter de la métropole les citoyens indésirables, mais aussi de repeupler les colonies. Les femmes déportées auront la possibilité, pour ne pas dire l’obligation, de convoler avec un bagnard et de disposer d’un terrain. C’est la seule façon de recouvrer une certaine liberté. Ce qu’on ne leur dit pas, c’est que le terrain est un lopin de terre perdu en brousse, et qu’aucun moyen de subsistance ne leur sera donné. L’alternative du mariage est donc une condamnation à mort !


   Entre-temps, la troisième république s’installe. Pour la première fois depuis près d’un siècle, un gouvernement stable est créé. La politique des bagnes est renforcée, et tous les petits délinquants condamnés deux fois, hommes et femmes, seront expédiés au bagne. Marie Bartête est de celles-là. Elle a commis de petits larcins, vols de nourriture pour survivre, et bien qu’ayant purgé ses peines de prison, les gendarmes viennent l’arrêter. Avec des dizaines d’autres femmes, elle part pour un voyage de six semaines dans une cage en cale sèche. Elle subira privations, brimades et viols, verra des codétenues crever de faim et de misère. Mais le pire reste à venir. Arrivées en Guyane, personne ne les attend, rien n’est prévu, et elles devront vivre dans un carbet insalubre. L’administration à Paris n’a que faire des rares lettres de récrimination envoyées par l’un ou l’autre agent de l’état. Les détenues sont livrées à leur sort, recluses, condamnées à l’enfermement, on craint si elles sortaient que les bagnards mâles soient aguichés. Et pourtant, le mariage arrive. La liberté, pensent certaines détenues. En fait ce sera le début de l’enfer…


   Que dire de ce livre, sinon qu’il est terrible, terrifiant, terrifique ? C’est un récit réellement suffoquant de noirceur, où l’espoir nait parfois pour mieux retomber dans le néant.


   L’auteure donne un relief, une vie, et un réalisme saisissant à ses personnages. Pour autant, peut-on parler de reconstitution historique pointue ? On sait peu de ces dernières bagnardes. Elle étaient illettrées pour la plupart, et n’ont pas eu l’occasion de s’exprimer. Un journaliste, Albert Londres, dévoilera l’horreur au monde, en 1923, mais il faudra attendre 1946 pour que le bagne soit fermé.

   Mais si l’histoire des hommes est bien connue, celle de ces femmes est restée anecdotique et peu documentée. Il s’agit donc sans doute plus d’un roman que d’une reconstitution exacte. Le récit est centré sur les sentiments que ces femmes, ainsi que leurs geôliers, ont ressentis.

   Écriture où l’émotion prime et sous-tend chaque ligne, avec parfois un peu d’insistance et du drame ajouté au drame, ce sera mon principal reproche. Il reste néanmoins un ouvrage détonnant, dans un style simple et fluide, ce qui fait qu’on a du mal à le lâcher. On a beau savoir ce qui va arriver, c-à-d rien que de la misère, on est poussé à tourner les pages pour connaitre la suite.

   Un livre véritablement bouleversant, pour tout public, avec quelques réserves quant aux âmes sensibles !

 

 

 

 

 



038

 

 

 

1943, la victoire choisit son camp de Max Gallo

 

 

 

   Nous connaissons tous la fin de l'histoire. Mais cela ne nous empêche pas de vibrer à chaque page de ce récit, tant la colère, le chagrin et l'enthousiasme de Max Gallo sont communicatifs. Il sait mieux que personne décrire l'espoir qui renaît dans le monde lorsque l'armée Rouge défait von Paulus à Stalingrad, ou quand les Alliés victorieux en Afrique du Nord débarquent en Sicile. Il peint avec maestria les fous sanguinaires qui entourent Hitler, des traîtres nommés Laval, Pétain, Déat, Doriot, mais aussi les héros de légende : Roosevelt, Churchill, de Gaulle, Jean Moulin, et la foule des anonymes prêts à tous les sacrifices pour abattre le Reich qui devait durer mille ans !

 

 

Avec cette année riche d’événements et de revirements, où le souffle de la victoire se profile au milieu de l’horreur, Max Gallo poursuit sa grande Histoire de la 2e guerre mondiale.

1943, année cru­ciale. Des rives de la Volga aux plages de Sicile, l’armée alle­mande vacille.
Stalingrad 
est enfin reprise par l’armée Rouge qui déferle à la pour­suite de la Wehrmacht et reprend les terres per­dues en 1942. Rommel cède du ter­rain en Afrique où les Alliés ont débar­qué, les bom­bar­de­ments alliés tou­chent l’Allemagne et détrui­sent ses villes et ses civils, la Résistance s’orga­nise, mul­ti­plie les atten­tats…
Hitler semble s’enfon­cer dans une impasse, et l’espoir, timide, s’éveille dans une Europe asphyxiée. Jean Moulin par­court la France occu­pée afin de créer le Conseil National de la Résistance.
Mais on redoute une nou­velle offen­sive d’été des Allemands sur le front de l’Est. Le second front tant espéré tarde à s’ouvrir, et si les Alliés débar­quent, c’est à l’autre bout de l’Europe. Surtout les Alliés se méfient les uns des autres. Méfiance aussi dans les rangs de la Résistance que de Gaulle peine à unir sous son nom. On tente de l’écarter, on parle de l’éliminer.
Et pen­dant ce temps, celui des allian­ces et des tra­hi­sons, des vagues sans fin de sol­dats de plus en plus jeunes sont envoyées au sacri­fice. Pendant ce temps, les nazis mas­sa­crent, dépor­tent, tor­tu­rent, de plus en plus vite, de plus en plus mas­si­ve­ment. Les trains rou­lent vers Auschwitz.

1943 : année déci­sive où les espoirs chan­gent de camp, où, malgré les souf­fran­ces et les sacri­fi­ces de plus en plus durs, on se prend à espé­rer, à oser croire peut-être de nou­veau en un avenir, à se lais­ser porter par le souf­fle de la vic­toire.

 

 

Rédigé par mediathequedenoyelles

Publié dans #nouveautés

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article